Ces trois dernières années, les marchés ont évolué dans un environnement de forte pénurie de liquidité. La Fed freinait l’économie, les taux restaient élevés, les capitaux sortaient des actifs risqués, et le marché crypto vivait sous tension permanente. Mais aujourd’hui — pour la première fois depuis longtemps — la situation commence réellement à basculer.
Après la réunion de décembre de la Fed, un calendrier a été publié indiquant des rachats de bons du Trésor américain à court terme pour près de 40 milliards de dollars sur 30 jours. Les premiers achats ont déjà eu lieu et, d’ici la fin du mois, plusieurs opérations supplémentaires sont attendues pour presque 30 milliards. Officiellement, on n’appelle pas cela un « assouplissement quantitatif », mais dans les faits, la liquidité recommence à revenir dans le système. Pour les marchés, c’est un moment clé : l’argent frais, c’est du carburant. Et plus il y a de carburant, plus les marchés avec du risque et du potentiel de rendement ont tendance à s’activer.
Manipulations
Dans ce contexte, les actions se portent bien. Le S&P 500 est presque revenu sur ses sommets, et l’indice du dollar baisse régulièrement depuis fin novembre — les investisseurs sont de nouveau prêts à prendre du risque. Et c’est précisément pour cela que le comportement de Bitcoin paraît étrange : il semble encore ignorer ces signaux macroéconomiques positifs.
À mon avis, la raison reste la même : les manipulations des gros acteurs. On observe fréquemment des ventes brutales de BTC à l’ouverture de la session américaine, sans catalyseur évident. Des acteurs comme Jane Street et d’autres market makers créent une impulsion baissière, déclenchent des liquidations, puis accumulent discrètement à ces niveaux. C’est ce qui donne l’impression que le marché haussier s’est « cassé », alors que le contexte macro indique plutôt l’inverse.
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La Fed a changé de régime — et c’est un basculement fondamental
Le point le plus important de la dernière réunion de la Fed n’est même pas la baisse de taux de 0,25%, mais le discours. Le régulateur a clairement indiqué que la politique monétaire se situe désormais dans une zone neutre : on ne cherche plus à refroidir l’économie volontairement. Les hausses de taux ne sont tout simplement plus envisagées. Oui, Powell reste prudent et évoque une possible pause en janvier, mais le marché du travail américain continue de se détériorer, et le chômage progresse — ce qui limite fortement la capacité de maintenir des taux élevés. Sa prudence ressemble davantage à une tentative de ne pas surchauffer les marchés trop tôt. Dans les faits, la liquidité commence déjà à se diffuser dans le système.
Il est important de comprendre la mécanique. La Fed ne « crée » pas de l’argent directement pour le donner aux investisseurs. Elle rachète des titres à court terme auprès des primary dealers — les plus grandes banques et institutions financières — et, en échange, de nouvelles réserves en dollars apparaissent dans leurs bilans.
Ensuite, le processus devient vraiment intéressant. Cet argent ne reste pas immobile : les banques l’orientent vers les marchés actions, le crédit, les opérations de repo, ainsi que le financement des hedge funds et des market makers. Par cette chaîne, la liquidité se propage progressivement dans le système financier. Elle n’atteint pas Bitcoin de manière directe, mais via les ETF et les fonds. Quand des fonds achètent des ETF Bitcoin au comptant, les émetteurs doivent acheter du BTC réel sur le marché. C’est là que se crée la demande réelle — et pas seulement via des dérivés.
D’après mes estimations, environ 60–65% de ce flux soutiendra d’abord le marché actions, mais 10–15% pourraient tout à fait atteindre Bitcoin. Et ce n’est pas instantané : le processus s’étale sur des semaines et des mois.
Risques côté Japon
Un autre facteur d’incertitude est la réunion de la Banque du Japon. Une hausse de taux, même de 0,1–0,25%, pourrait peser temporairement sur les marchés. On a déjà vu ce scénario : yen plus fort, débouclement du carry trade, correction sur les actions et chute rapide de Bitcoin. Si cela se reproduit, une baisse de 5–7% à court terme est tout à fait possible.
Mais la différence essentielle aujourd’hui, c’est que le resserrement japonais ne se ferait pas dans le vide. La Fed est déjà passée en phase neutre et injecte de la liquidité, ce qui crée un « coussin » pour les actifs risqués. Même si une correction survient, elle devrait donc être limitée, à la fois en amplitude et en durée.
Ce qui se passe avec Bitcoin en ce moment
Techniquement, le marché reste tendu. Bitcoin est bloqué sous une résistance autour de 94 000 $, la liquidité est faible et les mouvements sont brusques. Pourtant, la structure globale reste haussière : les creux sont de plus en plus hauts et la probabilité d’une correction profonde diminue. On observe une configuration classique de fin de correction : les mains faibles sortent, de nouveaux gros acteurs encaissent des pertes, tandis que les détenteurs de long terme restent calmes. Cela « nettoie » le marché et réduit la pression vendeuse future.
Il faut aussi regarder la carte des liquidations. Le marché est actuellement déséquilibré en faveur des positions longues. D’importantes zones de stops se trouvent en dessous, vers 88–89K, et au-dessus, dans la zone 93–94K. Un scénario avec une brève chasse à la liquidité vers le bas, suivie d’un mouvement haussier, paraît logique — et s’est déjà produit plusieurs fois ces dernières semaines.
Conclusion : malgré le bruit, les manipulations et la volatilité locale, la tendance de fond de Bitcoin n’est pas cassée. La Fed ramène de la liquidité pour la première fois depuis trois ans, les hausses de taux sont pratiquement écartées, et les chutes rapides actuelles ne signalent pas le début d’un marché baissier, mais des phases de redistribution et d’accumulation.