La Chine entrera-t-elle dans la course aux stablecoins ?

La Chine entrera-t-elle dans la course aux stablecoins ?

Le marché moderne des monnaies numériques évolue à une vitesse fulgurante. Les positions dominantes sont encore occupées par les stablecoins adossés au dollar, qui, ces dernières années, sont devenus non seulement un outil pratique pour les utilisateurs particuliers et les traders, mais aussi un élément essentiel de l’infrastructure de paiement internationale. La Chine, de son côté, mise sur le développement et la promotion du yuan numérique (e-CNY). De plus en plus d’analystes et d’experts estiment que l’absence d’un stablecoin en yuans pourrait considérablement limiter la capacité de Pékin à concurrencer le dollar à l’échelle mondiale. La question se pose donc : la Chine décidera-t-elle de participer à la course aux stablecoins ?

Les États-Unis et leur pari sur les stablecoins

Les États-Unis considèrent les stablecoins comme un instrument stratégique visant à renforcer le rôle international du dollar. De plus, selon de nombreux économistes, l’adoption massive des stablecoins en dollars pourrait contribuer à résoudre partiellement le problème de la dette publique et consolider encore davantage la position de la devise américaine dans le système financier mondial. L’intégration généralisée des stablecoins dans les processus de paiement est perçue comme un élément essentiel de la stratégie à long terme des États-Unis, où les actifs numériques soutiennent la suprématie mondiale du dollar.

La Chine, en revanche, adopte une approche prudente. Les principaux efforts de Pékin se concentrent sur le yuan numérique, tandis que la question de la création d’un stablecoin indépendant adossé au yuan reste ouverte et fortement controversée.

Les stablecoins privés en yuans et leurs spécificités

Il convient de noter qu’il existe déjà sur le marché des stablecoins privés adossés au yuan. Toutefois, le point clé réside dans le fait que ces tokens sont généralement liés non pas au yuan onshore (CNY), mais au yuan offshore (CNH). Cette distinction découle du système de régulation monétaire chinois.

  • Yuan onshore (CNY) : utilisé exclusivement en Chine continentale, strictement contrôlé par la Banque populaire de Chine et soumis à une réglementation stricte.
  • Yuan offshore (CNH) : utilisé sur les marchés internationaux, principalement à Hong Kong, où la régulation est plus souple et se rapproche des standards mondiaux.

La double structure du yuan limite considérablement la demande de stablecoins en yuans. Les investisseurs et les entreprises internationales préfèrent utiliser le dollar, jugé plus prévisible et plus pratique pour les transactions. Un autre facteur limitant est l’interdiction officielle des cryptomonnaies en Chine continentale, tandis que Hong Kong fait office de passerelle pour les investisseurs internationaux. Dans la pratique, la plupart d’entre eux préfèrent les stablecoins en dollars (USDT, USDC) ou le dollar de Hong Kong plutôt que des tokens en yuans.

La Chine a-t-elle besoin d’un stablecoin officiel en yuans ?

De plus en plus d’analystes soulignent que seul un stablecoin en yuans officiellement approuvé susciterait un véritable intérêt sur les marchés financiers mondiaux. Un tel instrument pourrait rivaliser avec l’USDT et l’USDC dans les paiements internationaux et potentiellement contribuer à l’internationalisation du yuan.

Néanmoins, les opinions divergent en Chine. Certains experts estiment que le pays doit agir avec détermination et proposer au monde un nouvel outil numérique afin de ne pas manquer une opportunité stratégique. D’autres, dont un ancien président de la Banque populaire de Chine, mettent en garde contre le risque que des activités spéculatives liées à un stablecoin en yuans compromettent la stabilité financière.

Les stablecoins et la culture du paiement en Chine

Même si la Chine devait émettre son propre stablecoin en yuans, son utilisation dans les paiements quotidiens semble improbable. L’écosystème de paiement chinois est déjà unique : la population a presque totalement abandonné les espèces et les cartes bancaires, préférant les paiements par QR code via des super-applications telles que WeChat Pay et Alipay. De plus, le yuan numérique est déjà intégré à ces systèmes et agit comme la monnaie numérique officielle soutenue par l’État. Dans ce contexte, un stablecoin séparé en yuans apparaîtrait redondant pour le marché intérieur.

La stratégie de Pékin : CIPS plutôt que des stablecoins

Il est beaucoup plus probable que la Chine poursuive le développement de son propre système de paiement interbancaire transfrontalier, le CIPS (Cross-Border Interbank Payment systеm), présenté comme une alternative à SWIFT. Ce système permet à la Chine de réaliser des transactions transfrontalières de manière indépendante et de réduire sa dépendance vis-à-vis des infrastructures occidentales. Cette approche est davantage en adéquation avec la stratégie à long terme de Pékin, qui vise à renforcer progressivement le rôle du yuan dans l’économie mondiale.

Perspectives et limites

Actuellement, le marché des stablecoins est fermement dominé par l’USDT et l’USDC. Leur duopole reste solide et il semble peu probable qu’il soit menacé dans un avenir proche. Même si la Chine décidait de créer son propre stablecoin officiel en yuans, son succès dépendrait de plusieurs conditions majeures :

  • un assouplissement significatif de la réglementation des actifs numériques ;
  • la levée de l’interdiction des cryptomonnaies en Chine continentale ;
  • la mise en place d’une infrastructure de marché robuste pour la conservation, le clearing et la conformité dans les principales juridictions mondiales ;
  • l’établissement d’une confiance dans le yuan en tant que devise de règlement mondiale, non seulement en Asie mais aussi à l’échelle internationale.

Sans ces mesures, la probabilité qu’un stablecoin en yuans parvienne à concurrencer sérieusement le duopole du dollar demeure extrêmement faible.

Conclusion

La Chine dispose de toutes les ressources et technologies nécessaires pour émettre son propre stablecoin et renforcer le rôle du yuan dans les règlements mondiaux. Toutefois, la stratégie actuelle de Pékin reste prudente et pragmatique : le développement du yuan numérique et du CIPS semble constituer une priorité plus élevée que la participation à la course aux stablecoins. Dans les prochaines années, l’USDT et l’USDC devraient conserver leur domination, tandis qu’un éventuel stablecoin en yuans restera davantage un concept théorique qu’une réalité pratique. Le monde continuera cependant de suivre de près si la Chine choisira de modifier sa trajectoire et de participer à la compétition mondiale des stablecoins.

Bitbanker est un moyen pratique de gérer des actifs numériques. Les utilisateurs peuvent recharger leur solde via QR code, acheter et vendre des USDT, BTC, ETH, USDC, roubles, dollars, euros, soms kirghizes, dirhams des Émirats arabes unis et d’autres devises. Divers outils sont également disponibles pour les transferts internationaux, allant des virements sur des cartes Visa étrangères aux paiements SWIFT.

20.09.2025, 17:49
  1. Catégorie: ,
Commentaires sur l’actualité « La Chine entrera-t-elle dans la course aux stablecoins ? »
Aucun commentaire
votre commentaire

Choose file
Give
Get
Exchange
days
hours